lundi 3 octobre 2011

Jour 35 : 3 octobre

Comme nous étions vraiment fatiguées hier soir après la journée de transport, on a décidé de ne pas se lever à 3h du matin pour voir le levé du soleil sur le Kawah Ijen, volcan à l'est de Java. On a passé la matinée à l'hôtel. Nous sommes parties à 10h et après 1h30 de trajet nous avons grimpé le volcan. Cette fois, le chemin n'était pas étroit et recouvert de pierres volvaniques, mais en terre et poussière. Assez molo au début, la pente est vite devenue raide. Dans le cratère du Kawah Ijen, il y a un magnifique lac turquoise et une mine de souffre. Il y a 300 hommes qui y travaillent. Ils transportent 70 kilo de souffre dans des paniers de banbous, sur leur dos, du fond du cratère jusqu'au pied du volan. Les vapeurs de souffres sont toxiques. Maman et moi avons dû louer des masques à gaz à deux travailleurs pour descendre dans le cratère parce qu'on n'arrivait plus à respirer. Or, la plupart des mineurs n'ont qu'une serviette humique pour se protéger le nez et la bouche. Certains n'ont même pas de chaussure! Le lac est trop acide pour s'y baigner et de toute façon, il est chaud, donc pas très raffraîchissant. En remontant du cratère on a dû s'arrêter souvent, complètement essoufflées. Eux, ils font le trajet deux fois par jour. C'est à peu près la vision que je me fais de l'enfer. C'est comme l'histoire Sisyphe, dans la mythologie grècque. Les Juges des Enfers le punirent en l'obligeant à rouler un énorme rocher jusqu'au sommet d'une colline et de le rejeter de l'autre côté pour qu'il retombe. Aussitôt qu'il est près d'atteindre le haut de la colline, il est rejeté en arrière sous le poids de l'énorme rocher, qui retombe tout en bas, et là, Sisyphe le reprend péniblement et doit tout recommencer, encore et encore. Maman et moi avons demandé pourquoi ils n'établissaient pas un meilleur système avec un monte charge ou même des ânes, et on nous a répondu que ces hommes sans qualifications n'auraient plus de travail. Enfin, malgré l'horreur de la mine, le paysage était impressionnant. Notre chauffeur nous a ramené par la route défoncée qui mène au volcan, la dancing road qu'il disait. Ça vous donne une idée du brinquebalement de la voiture, et de nous dedans. On a souper à l'hôtel, c'était délicieux, mais on pensait encore aux mineurs.

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